Cet enregistrement en libre accès ici revient sur la problématique de la disparition des abeilles. Principales contributrices dans le processus de pollinisation, les abeilles sont impliquées dans la production d'un tiers des ressources alimentaires de la planète. Comme l'explique le naturaliste et philosophe Yves Paccalet, les abeilles sont apparues il y a 100 millions d'années en même temps que se sont développées les plantes à fleur. Auparavant la masse végétale était constituée principalement de conifères et de fougères.
Une première vague de mortalité des abeilles a été causée dans les années 90 par l'utilisation d'insecticides systémiques (qui s'attaquent au système nerveux des insectes), le Gaucho et le Regent, commercialisés par les firmes Bayer et BASF respectivement. Ces molécules ont par la suite été interdites pour la raison que leurs effets sur l'environnement n'avaient pas été suffisamment évalués. Il est intéressant de constater que ce même défaut d'évaluation est dénoncé par la communauté scientifique dans le cas des cultures OGM (écouter OGM, viande clonée et farines animales, le retour ?).
Enfin, on apprend que les abeilles prospèrent particulièrement bien en zone urbaine, où elles semblent se trouver à l'abri des polluants qui les déciment ! Quid de la qualité du miel produit en ville ? Il est excellent, car l'abeille constitue un épurateur très efficace.
Dans cet enregistrement en libre accès ici, Aurélien Bernier, essayiste et militant altermondialiste, pose clairement le problème de l'antagonisme entre libéralisme et écologie. Voici son raisonnement: 1/ des conditions sociales et environnementales plus favorables aux entreprises existent dans les pays du Sud, 2/ les infrastructures de transport favorisent les mouvements des marchandises, 3/ les règles du commerce international instaurent leur libre circulation. Il est par conséquent impossible d'éviter, à terme, les délocalisations vers les pays moins-disants et, en cours de processus, les pressions de l'économie sur le politique pour freiner la mise en place d'une législation écologique et accélérer le démantèlement social.
Aurélien Bernier illustre par l'exemple comment le libéralisme empêche le contrôle du pouvoir politique, qui s'exerce sur le plan national, sur les multinationales, qui agissent au niveau mondial, précipitant ainsi la planète vers l'impasse écologique. Nous touchons-là une des causes fondamentales du dysfonctionnement de notre système économique !
Dans ces deux interviews disponibles ici pour écoute ou téléchargement, Michel Tarrier, entomologiste réputé, essayiste et écologue au verbe incisif, rappelle la longue liste des menaces qui assombrissent le futur proche de l'humanité. Son discours ne fait pas dans le politiquement correct ! Michel Tarrier constate que, sans une prise de conscience des individus accompagnée d'une modification des comportements, la démocratie ne permettra pas de tenter de sauver ce qui peut l'être des équilibres environnementaux. La seconde interview porte plus spécifiquement sur le dernier livre de Michel Tarrier, "Dictature Verte". Son auteur est très clair et prend le risque de fâcher: sans une politique planétaire d'encadrement de la natalité, nous n'avons aucune chance de mettre en place une civilisation durable.
Cette interview audio à écouter se penche sur des utilisations sous-optimales de l'énergie électrique. L'électricité n'est propre qu'en fonction de la manière dont elle est produite: renouvelables, carburants fossiles, uranium. Après le premier choc pétrolier, la France a misé sur le nucléaire pour s'affranchir de sa dépendance pétrolière. La majorité du parc immobilier français recourt au chauffage électrique. Or, utiliser de l'électricité pour produire de la chaleur est inefficace en raison de deux éléments: si l'électricité provient d'une centrale thermique ou nucléaire, cela entraîne un cycle de conversion chaleur --> électricité --> chaleur comportant à chaque transformation une perte de rendement. Deuxième élément: lorsque se produisent des pics de consommation d'électricité, pour des raisons techniques, l'excédent de demande électrique est couvert par des centrales thermiques. Ainsi, en hiver, en fin de journée, le chauffage à l'électricité entraîne un dégagement de CO2 trois fois plus important que s'il provenait de chaudières au gaz ou au fuel. Pour cette raison, le chauffage électrique est interdit dans certains pays.
Autre source potentielle de mauvaise utilisation, le développement de la voiture électrique. Comme l'explique Benjamin Dessus, celui-ci ne sera gérable que si la majorité des véhicules sont rechargés la nuit, en période de faible sollicitation du réseau.
Enfin, un participant fait part d'une intéressante réflexion sur les économies d'énergie: à quoi servent les améliorations de rendement énergétique si l'argent ainsi économisé est utilisé pour acheter plus d'appareils électriques, pour consommer plus ? Ceci est la définition de l'effet rebond. Comme le fait remarquer Thomas Guéret, nous ne pourrons échapper à terme à l'adoption d'un mode de vie plus frugal, lequel nécessitera le développement de valeurs plus "qualitatives" que celles qui prévalent aujourd'hui.
Intervenants: Benjamin Dessus, ingénieur et économiste, Bernard Laponche, polytechnicien, docteur ès sciences et en économie de l'énergie, et Thomas Guéret, ingénieur spécialiste des économies d’énergie
Cette émission à écouter traite de deux sujets distincts: l'industrie des déchets dans les villes au 19è siècle et la dissémination généralisée du plastic dans les océans.
Sabine Barles, auteur de "L'invention des déchets urbains : France, 1790-1970", explique comment l'exploitation des déchets des villes - rejets humains, boues de rue, os et chiffons - constituaient une industrie florissante dans le passé, avant que l'exploitation des ressources fossiles et l'essor de la chimie industrielle fasse disparaître l'intérêt de ces activités. Cet aspect de l'histoire économique n'est pas seulement intéressant sur le plan intellectuel, mais il peut fournir des pistes pour l'avenir ...
Sandrine Feydel, réalisatrice du documentaire "Océans de plastique", nous parle d'une problématique peu étudiée jusque récemment: la fragmentation des déchets de plastique qui séjournent par millions de tonnes dans les océans. Le plastique ne se dégrade pas, mais se défait en particules de plus en plus ténues qui se retrouvent intégrées dans le corps même des animalcules qui constituent le plancton et se propagent ensuite dans la chaîne alimentaire.
La bande son de ce débat à chaud sur la marée noire qui frappe les côtes de la Louisiane nous apporte plusieurs éléments intéressants, alors que cette catastrophe écologique majeure cesse déjà de faire l'actualité. Si l'écoulement du pétrole ne peut être stoppé avant les 3 mois requis par un forage de secours, ce sont 72'000 tonnes de brut qui iront polluer les rivages du Golfe du Mexique. Seront touchées des zones de mangrove qui constituent des écloseries vitales pour toute la chaîne alimentaire océanique. Comme l'explique Yves Paccalet, naturaliste, philosophe et écrivain écologiste, l'exploitation des hydrocarbures offshore en eau profonde fait courir des risques énormes à l'écosystème marin, ce, alors que la part du pétrole extraite du fonds de l'océan passera ces prochaines années de 6 % actuellement à 16 % de la production mondiale.
Jean-Marie Chevalier, économiste spécialisé dans les ressources énergétiques, relève que la prise en compte des risques de pollution et le renforcement des mesures de sécurité va renchérir les coûts d'extraction du pétrole en mer. Notons que le président Obama, qui avait levé l'interdiction de l'exploitation pétrolière offshore dans les zones à risque, vient de faire machine arrière suite à l'explosion de la plateforme Deep Water.
Jean-Marie Chevalier n'exclut pas une éventuelle mise en faillite de la société BP, exploitante de la plateforme, si la catastrophe déploie toute son ampleur. Il faut noter tout de même que BP a réalisé un bénéfice de 16.6 milliards de dollars en 2009 ...
Aucun persiflage dans cette affirmation: à l'écoute du représentant des Catadores, lesquels sillonnent les rues au Brésil pour collecter les ordures recyclables, la récupération intelligente des déchets a un grand avenir. Cette activité requiert une main d'oeuvre abondante et un savoir-faire important. Comme le démontre notre interlocuteur à travers une série d'exemples, le secret de la valorisation des déchets réside dans la qualité et la finesse de leur tri. Faute d'un classement efficace, les déchets finissent dans l'incinérateur ou en décharge.
Les Catadores représentent près de 1 % de la force de travail au Brésil. Les résultats de leur activité sont impressionnants: 95 % de l'aluminium et 80 % du papier sont recyclés au Brésil.
Une émission attachante qui démontre s'il le fallait que l'on peut apprendre de plus pauvres que soi !