S'expriment dans cet enregistrement Vincent Courtillot. géophysicien, Jean-Claude Gascard, océanographe, Gilles Ramstein, paléoclimatologue et Laurent Terray, climatologue. Au sein d'une discussion dépassionnée entre scientifiques (Claude Allègre n'est pas présent !), la parole est donnée à un adversaire du réchauffement climatique, Vincent Courtillot. Cette émission tente d'examiner la pertinence de l'argumentation qu'il développe. Il ressort des échanges que le consensus sur l'origine anthropique du réchauffement climatique est très largement majoritaire au sein de la communauté scientifique. Il serait parfaitement inconscient pour la communauté internationale - et contraire à la raison - de ne pas agir en se retranchant derrière le discours de la poignée de scientifiques dissidents.
Sans mettre en doute l'honnêteté scientifique des climatosceptiques, il faut garder à l'esprit qu'aux Etats-Unis, les lobbies charbonniers et pétroliers dépensent des centaines de millions de dollars annuellement pour faire obstacle aux mesures de réduction des émissions de CO2. Cela contribue très probablement à la visibilité donnée aux propos de certains chercheurs qui mettent en doute l'urgence de réduire les émissions de gaz à effet de serre.
A écouter: en France, les TIC représentent actuellement 13 % de la consommation d'électricité. Cette part croît entre 5 et 10 % annuellement au niveau mondial. On peut voir dans ces technologies un moyen de dématérialiser l'économie, donc de réduire les dégagements de CO2. Cela se vérifie - en théorie - pour le télétravail où la vidéoconférence. Il faut néanmoins compter avec l'effet rebond: par exemple, si le recours aux réseaux d'information permet de diminuer la congestion sur les axes routiers, la fluidification du trafic automobile vas probablement encourager sa croissance.
Une des tâches prioritaires des technologies de l'information consiste à fournir des tableaux de bord - des indicateurs - qui permettent de se rendre compte de manière directe et immédiate de l'impact d'un comportement ou d'une décision sur le plan énergétique; par exemple, l'effet sur sa facture d'électricité de l'utilisation d'un réfrigérateur à basse consommation.
La dernière partie du débat concerne les projets - ou les fantasmes - de la géo-ingénierie.
Cette émission est intéressante dans la mesure où elle met en évidence, une fois de plus, la complexité des problématiques abordées. Reste la conclusion: rien ne sert d'économiser sur les dépenses énergétiques si c'est pour consommer plus dans un autre domaine.
Cet enregistrement propose une sélection d'interventions tirées de la conférence "Pourquoi les pays industrialisés n'en font-ils pas plus ?" tenue dans le cadre de l'Université du WWF France des 20 et 21 octobre 2009. S'expriment dans cet enregistrement Bertrand Méheust, philosophe et sociologue, Pascal Husting, directeur général de GreenPeace France et Philippe Germa, administrateur du WWF France. Comme le constate Pascal Husting, la première raison est que l'Occident se trouve dans une crise morale. Par ailleurs, Pascal Husting démontre qu'il n'est pas suffisant de comparer les pays au niveau du total de leurs émissions. Il faut également comparer les émissions rapportées à un individu, par exemple un Chinois versus un Américain.
Selon Pascal Husting, le système capitaliste ne peut pas se réformer parce que sa nature est de pousser à la surconsommation. La promotion de la croissance verte est une illusion qui ne fait que confirmer ce que développe Bertrand Méheust: qu'un système tend à aller jusqu'à sa saturation avant de s'effondrer. Autre idée intéressante: la surpopulation concerne avant tout les pays occidentaux, dans lesquels vivent 1 mia d'individus avec un facteur de consommation de 32 contre 5 mia et demi d'habitants dans les pays du tiers-monde avec un facteur de consommation proche de 1 !
Bertrand Méheust souligne la capacité du système à inventer des oxymores - des locutions contenant une impossibilité, comme, dernière en date, la "décroissance prospère" du MEDEV - pour tenter de gérer ses vérités qui dérangent.
En fin d'enregistrement, quelques idées intéressantes, notamment sur le pouvoir colossal de l'appareil publicitaire qui attise la surconsommation, ou le fait que l'on ne parle jamais de la problématique de la croissance démographique ...
La biologiste Denise Gautier, travaille pour la fondation Pro Specie Rara dont l'objectif est le maintien des ancienne espèces de plantes de culture. A partir de l'après-guerre, ces espèces ont été remplacées par des hybrides beaucoup plus performantes. Denise Gautier nous explique que les variétés anciennes peuvent être replantées alors que les hybrides, dites F1, doivent être rachetées chaque année chez les semenciers. En raison d'une directive européenne qui impose qu'une espèce doit être répertoriée dans un catalogue pour être commercialisable, les variétés anciennes sont condamnées à disparaître en raison du coût élevé de la procédure d'homologation. La Suisse, non membre de l'UE, fait encore exception en n'exigeant pas cette inscription, mais les pressions en matière d'eurocompatibilité s'accentuent et semblent devoir triompher à terme, sauf si l'Europe comprend qu'il est dans l'intérêt de tous, y compris des producteurs de semences, de conserver les variétés d'origine ainsi que le savoir-faire pour les cultiver.
Dans cette interview, Fabrice Nicolino, auteur du livre "Bidoche. L'industrie de la viande menace le monde" expose les faits induits par la consommation de viande, qui est en forte expansion dans le monde. La présentation du livre commence ainsi: "Je crois savoir ce que manger veut dire. Mais je dois ajouter que, chemin faisant, j'ai changé d'avis et de goût. Derrière une côte de boeuf, j'ai fini par voir un boeuf. Derrière un gigot, un agneau ...". Dans l'Union Européenne, 70 % des surfaces cultivées servent directement ou indirectement à la production de viande. Lorsque l'on sait que pour produire 1 kg de viande de boeuf il faut 8 à 10 kg de céréales, on peut avoir un ordre de grandeur du gaspillage, explique Fabrice Nicolino. Sans la culture du soja, qui se fait en majeure partie outre-atlantique, et qui est une des causes de la disparition des forêts tropicales, la production industrielle de viande s'effondre ! Chaque Français utilise 659 m2 de terre, ici ou ailleurs, pour la production du soja requis pour satisfaire sa consommation de viande. Il apparaît clairement que la préservation de la planète ne se fera pas sans une forte réduction de notre consommation de viande, conclut Fabrice Nicolino.
Philippe Maindru enseigne dans une école technique industrielle, dans la section moteur à combustion interne qu'il a crée il y a plus de 30 ans. Il est à l'origine d'une compétition internationale pour ingénieurs dont le challenge consiste à parcourir la plus grande distance avec 1 litre de carburant. Philippe Maindru explique la philosophie et la valeur pédagogique du concours qu'il a créé, lequel promeut par ses objectifs et ses contraintes l'idée d'une mobilité raisonnable. Sa démarche est aux antipodes de ce qui se fait encore aujourd'hui dans l'industrie automobile et de l'esprit des courses de formule 1.
Ce qui est particulièrement intéressant dans cette interview, c'est le regard lucide et dépassionné que pose Philippe Maindru sur la problématique de la mobilité "durable", sur fond de raréfaction des énergies fossiles (peak oil). La formule 1 emploie 10000 ingénieurs de par le monde pour faire tourner sur un circuit des voitures qui consomment 60 litres aux 100 km, avec pour principale motivation des considérations marketing et de prestige. Dans les années qui viennent, la hausse du prix de l'essence imposera de facto la conception et la production de véhicules légers, sobres, dont le but premier sera le transport et non la satisfaction des besoins égotiques ...
Le GIEC est très souvent mentionné dans les médias et plus personne n'ignore ce qu'est cette institution ni l'objet de ses prèoccupations. Est-ce bien certain ? Dans cette interview, Michel Petit, expert auprès du GIEC et spécialiste de l'effet de serre, parvient à surprendre par les informations qu'il nous donne. Il nous explique en quoi consiste le GIEC et de quelle manière il fonctionne. Il décrit - ce n'est sans doute pas inutile - le mécanisme de l'effet de serre en des termes très compréhensibles. Sont exposées ensuite les conséquences de l'augmentation moyenne de la tempéraure de la terre. Nous apprenons avec surprise que les objectifs du protocole de Kioto, présenté à l'époque comme une avancée significative, sont tout à fait minuscules et qu'il est temps de mettre en place des politiques à la mesure des enjeux qui pèsent sur l'avenir de la civilisation techno-industrielle.