Dans la bande son de cette vidéo, Jean Ziegler parle de son dernier livre "La haine de l'Occident". Considérant certaines expériences politiques alternatives qui se développent actuellement, notamment en Amérique du Sud, Jean Ziegler diagnostique un réveil de la mémoire des anciens pays colonisés dirigé contre l'emprise de la mondialisation, réveil analogue à la résurgence de la Shoa dans la conscience occidentale après les 40 années de silence qui ont suivis la fin de la guerre. Jean Ziegler se dit convaincu que cet éveil, conjugué à la mise en question du néolibéralisme entraînée par la crise économique, annonce un rééquilibrage des rapports de force qui pèsent sur les pays émergents.
Dans cette conférence audio, Stefan Metzeler, co-fondateur suisse de la société Pro Libertate, décrit les spécificités qui font le succès de son pays, alors que celui-ci, au début du 19è siècle, figurait parmi les nations les plus pauvres d'Europe, tout en étant démuni de ressources naturelles.
La mentalité consensuelle du citoyen suisse alliée à une démocratie directe efficace - plusieurs consultations populaires par année, droit d'initiative constitutionnelle et de référendum - réduisent considérablement les conflits sociaux, dommageables autant pour l'économie que pour la cohésion de la société. Le fédéralisme associé à une prise de décision décentralisée favorise l'existence d'une communauté dans laquelle coexistent 4 langues nationales et tout l'éventail des tendances politiques.
L'importance des banques pour la Suisse doit être relativisée au vu de la part de ce secteur dans son produit intérieur brut. Une composante importante de la prospérité de ce pays est un tissu économique très diversifié et composé en majorité de petites et moyennes entreprises, lesquelles cultivent un certain goût de l'excellence.
Stefan Metzeler se limite certes aux aspects positifs de son pays. Néanmoins, malgré quelques exagérations concernant le niveau des salaires dans les métiers manuels en Suisse, le portrait brossé par Stefan Metzeler correspond à la réalité et peut donner matière à réflexion à ceux qui s'interrogent sur ce qui, au-delà de son histoire et de ses ressources naturelles, fait le succès d'une nation.
La bande son de cette table ronde entre économistes met en lumière le noyautage de l'entourage du Président Obama par l'establishment financier de Wall Street. Il confirme également par les faits l'action déstabilisatrice de la finance spéculative sur l'économie, telle que le théorisait Paul Jorion dans l'émission "La crise de 2010 plus grave que la crise de 2008 ?" en ligne sur le site.
Mais au-delà des pratiques des banques d'affaires qui facilitent le toilettage des comptabilités nationales, c'est l'intempérance des pays membres de l'UE qui est soulignée. Fait intéressant: le manque de rigueur financière a été encouragé par l'instauration de la monnaie unique, alors que celle-ci, selon ses promoteurs, devait bénéficier à l'économie européenne, en la renforçant par des points de croissance supplémentaires.
Le mensonge, la tricherie et la manipulation seraient donc inséparables de la constitution de l'Europe unie ? D'autres enregistrements présents sur le site permettent aussi de se poser cette question.
Source: C dans l'air - Le monde immoral de la finance, 19 février 2009, avec Anne Deysine, Élie Cohen, François Langlet et Jean-Marc Daniel (vidéo plus disponible)
La bande son de cette table ronde entre économistes met en lumière le noyautage de l'entourage du Président Obama par l'establishment financier de Wall Street. Il confirme également par les faits l'action déstabilisatrice de la finance spéculative sur l'économie, telle que le théorisait Paul Jorion dans l'émission "La crise de 2010 plus grave que la crise de 2008 ?" en ligne sur le site.
Mais au-delà des pratiques des banques d'affaires qui facilitent le toilettage des comptabilités nationales, c'est l'intempérance des pays membres de l'UE qui est soulignée. Ce qui est intéressant, c'est que le manque de rigueur financière a été encouragé par l'instauration de la monnaie unique, alors que celle-ci, selon ses promoteurs, devait bénéficier à l'économie européenne en lui apportant des points de croissance supplémentaires.
Le mensonge, la tricherie et la manipulation seraient donc inséparables de la constitution de l'Europe unie ? D'autres enregistrements présents sur le site permettent de se reposer cette question.
Dans cette interview audio en anglais, l'économiste américain Peter Schiff explique comment l'économie américaine a été massivement subventionnée pendant des années par le fait que les déficits de la balance de paiement des Etats-Unis étaient couverts par les achats étrangers de bons du trésor. Les Américains pouvaient acheter sans limite - et à crédit - des marchandises importées à bas prix, vivant ainsi largement au-dessus de leurs moyens, et en quelque sorte aux crochets de l'extérieur. Ceci se paie toutefois par la disparition du tissu industriel aux Etats-Unis. A l'avenir, lorsque les importations seront hors de prix en raison de la chute du dollar et que celui-ci ne sera plus accepté les yeux fermés, l'outil de production intérieur ne sera pas disponible pour produire localement ...
Lorsque la FED devra augmenter les taux d'întérêt pour soutenir le dollar, beaucoup d'Américains sur-endettés seront acculés à la faillite. Le dollar en baisse rendra les importations plus onéreuses, ce qui, s'ajoutant à l'inflation causée par l'excès d'émission monétaire, attisera la hausse des prix alors que les salaires stagneront ou diminueront en raison du fort accroissement du chômage.
Pour contrer l'inflation, il existe la possibilité d'instaurer un contrôle des prix. Peter Schiff déroule un raisonnement intéressant pour expliquer comment une telle mesure entraîne l'apparition du marché noir et la criminalisation des comportements économiques.
Les propos de Peter Schiff sont en partie teintés de l'idéologie du laisser-faire et du moins d'état. Le tableau qu'il brosse de l'économie américaine et de son avenir immédiat reste toutefois d'une grande pertinence !
Dans cet interview radiophonique, Paul Jorion, anthropologue et sociologue, avec une expérience de plusieurs années dans la finance, explique pourquoi l'économie va replonger plus gravement qu'en 2008, malgré les performances boursières de 2009, lesquelles résultent de l'injection massive de liquidités par les gouvernements et de la spéculation: la première crise a été déclenchée par l'effondrement des crédits subprimes à la suite de la chute des prix de l'immobilier américain. Maintenant, les prêts autres que les subprimes, Alt-A mortgages et option ARMs, sont en train de faire défaut à leur tour. Or, ces 2 types de prêts représentent 2 à 3 fois le volume des subprimes ...
Paul Jorion livre une réflexion intéressante sur la nécessité d'encadrer sévèrement la spéculation, activité génératrice d'instabilité sans qu'il y ait création de valeur réelle. Il esquisse la nécessité de remplacer le système capitaliste moribond, ce qui requiert d'abord une prise de conscience de la gravité et de la vraie nature de la crie actuelle, afin que l'on ne débouche pas sur la solution ultime que serait un conflit généralisé.
Dans cette interview audio, Ignacio Ramonet, journaliste et ancien directeur du Monde Diplomatique, auteur de l'essai "Le crash parfait", explique pourquoi la crise actuelle est un crash parfait: nous sommes en présence de la conjonction d'une crise financière, d'une crise de l'économie réelle, d'une crise climatique et d'une crise alimentaire. Cette situation va entraîner une crise sociale, puis une crise politique majeure.
Tout comme l'explique Noam Chomsky, Ignacio Ramonet rappelle que, dans l'histoire du capitalisme, la prééminence du libéralisme constitue une exception que l'on trouve durant une trentaine d'années à la fin du 19è siècle et à partir des années 70. Ramonet laisse entendre que la crise actuelle, à l'instar de la crise de 29, peut favoriser l'émergence d'un régime fasciste ou dictatorial. Enfin, Ignacio Ramonet énumère quelques pistes pour sortir de la crise, constatant que les approches adoptées jusqu'alors par les pays industrialisés ont montré leur incapacité à inverser la tendance à l'effondrement de l'économie.
Cet entretien audio avec Noam Chomsky, linguiste et philosophe américain, aborde tout d'abord la problématique de la liberté d'expression, qui fait l'objet du 1er amendement de la Constitution des Etats-Unis et est appliquée avec largesse dans ce pays. Noam Chomsky se range du côté des défenseurs inconditionnels de la liberté d'expression. Il explique ici sa position: ce n'est pas à l'Etat de définir ce qui est la vérité et ce qui ne l'est pas.
Sur fond de crise économique qui a vu réapparaître la mise en question du capitalisme ainsi que l'entée en scène massive de l'Etat pour secourir les secteurs défaillants, Noam Chomsky explique de manière convaincante que le système capitaliste des pays développés s'est de tout temps appuyé sur l'interventionnisme de l'Etat. A contrario, les pays du tiers-monde auxquels on a voulu imposer un libéralisme strict, eux, ne se sont pas développés.
Quelques idées intéressantes - et claires - d'un des intellectuels majeurs de notre époque !