La question constitue l'objet de ce débat entre économistes disponible en libre écoute. Comment se fait-il que l'euro soit la cible des marchés alors que la livre et le dollar, assortis d'un déficit de plus de 10 % du PIB contre 6 à 7 % dans son ensemble pour l'euro, sont épargnées ? Eric Chaney, économiste, explique que ce paradoxe provient de l'absence de solidarité fiscale au sein de la zone euro: aucun pays membre n'accepte de payer des impôts pour un autre pays en difficulté. De même qu'une chaîne a la résistance de son maillon le plus faible, la conséquence est que le défaut d'un seul pays peut faire s'écrouler l'ensemble.
L'euro était probablement voué à l'échec dès sa naissance en l'absence d'un mécanisme strict de contrôle budgétaire qui aurait forcé les pays "cigales" à une gestion plus rigoureuse. Au contraire, en offrant à ces pays la possibilité, pendant une décennie, de s'endetter à un taux d'intérêt inférieur à leur taux d'inflation national, l'euro a favorisé la création de bulles spéculatives (Espagne) ou l'explosion des déficits publics (Grèce, Portugal).
Maintenant, il faut choisir entre Charybde et Scylla, entre la rigueur qui tue la croissance, donc réduit les rentrées fiscales et la capacité de rembourser la dette publique, et la relance qui restaure la croissance, mais gonfle les déficits.
Remarquons que le 3ème terme de l'équation, représenté par la soutenabilité de la croissance sur le plan environnemental, n'a toujours pas sa place dans le discours des économistes.
Intevenants: Eric Chaney, économiste, Agnès Bénassy-Quéré, directrice du CEPII, Philippe Simonnot, économiste.
Cet enregistrement disponible en libre écoute traite du développement économique de l'Afrique. Plusieurs pays africains connaissent une croissance économique importante depuis une dizaine d'années. Des études montrent que cette évolution n'est pas due uniquement à l'augmentation du prix des matières premières. Certains économistes affirment que l'Afrique est sur le point de vivre un réveil comparable à celui de la Chine. Toutefois, l'intérêt de cet enregistrement est de nous faire prendre conscience d'une caractéristique socio-culturelle de l'Afrique qui n'est pas sans influence sur son développement économique:
Comme l'explique Moussa Konaté, éditeur au Mali, l'individu africain existe d'abord comme membre de sa famille élargie. En conséquence, lorsque un Africain réussit sur le plan économique, il est tenu d'en faire bénéficier les membres de sa famille, même les plus éloignés, sous peine de "mourir" socialement. Cela explique le développement passé d'administrations pléthoriques dû à la nécessité d'offrir des postes à des membres du clan, qui plus est sans considération de leur compétence réelle. On peut légitimement penser que cet aspect de la culture africaine joue un rôle dans le caractère cleptocratique de certains dirigeants africains ...
S'expriment dans cette émission Jean Michel Severino, ancien directeur général de l'Agence Française du Développement, Moussa Konaté, éditeur au Mali et Erik Orsenna, économiste et écrivain.
Dans cette présentation en anglais disponible ici en libre écoute, James Howard Kunstler n'est pas tendre avec le modèle de développement américain. Alors que les défis en relation avec le pic de production pétrolier restent entiers, ce qui cause l'effondrement de la société américaine annoncé par le conférencier est le tarissement non du pétrole, mais du capital. James Howard Kunstler se gausse des Etats-Unis: la crise actuelle a été déclenchée par la bulle immobilière, elle-même causée par un afflux de capitaux vers les investissements totalement dénués d'avenir du gonflement de "suburbia" - la dispersion de l'habitat américain dans les banlieues -. ll s'agit là du pire gaspillage de ressources de toute l'histoire économique mondiale.
Autre morceau de choix de cet enregistrement, la description que fait James Howard Kunstler de sa visite au siège de Google. L'occasion pour lui de dénoncer la "techno-grandiosity" des élites américaines de l'innovation, vêtues comme des skateboarders, qui sont convaincus que le déficit en énergie se résoudra par plus de technologie.
Suivent quelques considérations intéressantes sur la nécessité de se convertir au nouvel urbanisme qui restaure la conception de la ville et de l'habitat tel qu'il avait cours dans le passé. James Howard Kunstler démontre notamment l'absence de viabilité des constructions en hauteur (gratte-ciels), impossibles à maintenir lorsque la pénurie d'énergie aura débuté. Est dénoncée également la ruée sur la voiture électrique alors que c'est la philosophie même des transports qui doit être remodelée.
En résumé, un enregistrement riche en couleurs et pas dénué de bon sens et d'idées novatrices ...
Dans ces deux interviews rassemblées ici en libre écoute, Jacques Attali donne sa vision - sombre - de l'avenir de l'Europe: jusqu'à maintenant, les mesures de lutte contre la crise ont été appliquées systématiquement avec retard, ce qui a considérablement augmenté leur coût et réduit leur efficacité. Le mécanisme mis en place pour résoudre la crise grecque, malgré l'importance des montants disponibles, ne convainc pas car la rigueur imposée aux Grecs n'est pas supportable, en plus d'impacter négativement la croissance du pays.
Pour sauver l'euro, la seule solution, selon Jacques Attali, réside dans la création de bons du trésor européens qui permettent d'emprunter au nom de l'Europe, et non plus sous la signature d'un pays isolé, pays qui plus est fragilisé par l'état de ses finances. En résumé, la gestion de la crise, pour l'Union Européenne, passe par plus d'Europe, au détriment des souverainetés nationales. Cela nécessite évidemment du courage politique, et se traduira par des décisions impopulaires.
La seconde interview se concentre plus spécifiquement sur la situation française. Jacques Attali met en garde: les mesures de réduction du déficit public doivent être discutées maintenant afin de se refléter dans le budget 2011. Si l'on veut éviter que la France n'entre dans une dynamique à la grecque dont elle ne pourra plus se sortir, il est impératif de ne pas attendre l'échéance électorale de 2012.
Dans cet entretien un peu à bâtons rompus, Matthieu Ricard parle de sa vie et de sa décision, à l'âge de 26 ans, d'interrompre sa carrière de chercheur à l'Institut Paseur pour devenir moine bouddhiste. Il explique ce que la fréquentation d'authentiques maîtres de sagesse lui a permis de comprendre.
Matthieu Ricard évoque ce qu'est le véritable bonheur, lequel n'est pas une succession ininterrompue d'instants de plaisir, mais un état de conscience. Il mentionne également les résultats d'études en neuroscience portant sur le fonctionnement cérébral de personnes pratiquant la méditation. Il répond enfin à des questions sur la réincarnation et sur la procédure de choix du nouveau Dalaï Lama et parle de son engagement humanitaire au travers de la fondation qu'il a créée.
Les interviews de Matthieu Ricard sont toujours riches d'inspiration. Celle-ci ne fait pas exception à la règle.
Dans ce court enregistrement en libre écoute, Olivier Clerc expose la métaphore de la rivière, laquelle nous aide à considérer le déroulement de sa propre vie ou celle de ses proches avec sérénité et philosophie: les obstacles ou les coups du destin qui semblent nous faire reculer sur le moment se révèlent souvent, le temps ayant passé, des bénédictions, enseignement que l'image de la rivière nous rappelle ...
Dans cet enregistrement disponible ici en libre écoute, Matthieu Ricard donne un éclairage intéressant sur la notion de compétitivité en économie. Ancien chercheur en biologie devenu moine bouddhiste, Matthieu Ricard nous parle également de consommation et donne quelques pistes pour améliorer "le système": faut-il s'opposer à lui ou au contraire adopter une approche consensuelle ...
Enfin, le thème de l'altruisme est abordé: celui-ci est-il en opposition par rapport à la compétitivité, quid de sa déclinaison en entreprise ... Quelques éléments pour nourrir sa propre réflexion !