Année: 2012
Durée: 1 H 37' 58''
Dans cet enregistrement majeur, Jean-Marc Jancovici déroule devant le Sénat français une vision étonnante de l’énergie et provoque chez l’auditeur des réflexions sans fin, à la mesure du rôle fondamental joué par le concept d’énergie dans le monde matériel qui est le nôtre. La présentation est complété par une intervention sur la web-tv Xerfi Canal: le conférencier y analyse la marge de manoeuvre dont dispose le gouvernement de François Hollande en relation avec la nouvelle donne énergétique qui se profile à moyen terme.
Comme le définit Jean-Marc Jancovici, polytechnicien spécialisé dans la thématique énergie-climat et essayiste, l’’énergie est une grandeur physique qui caractérise le changement d’état d’un système. L’énergie sert essentiellement à la modification de notre environnement: transformation des ressources, du territoire, déplacement des matières et des personnes, entraînement des machines, procédés chimiques, fusion de métaux, etc, etc.
L’ingénieur démontre à quel point le prix de l’énergie est dérisoire à notre époque. Si l’on tente une comparaison chiffrée entre la quantité d’énergie que peut fournir un individu en une journée et l’énergie contenue dans un litre d’essence, on explique aisément pourquoi la délocalisation dans des pays à bas coûts salariaux est si avantageuse: le coût de transport n’est pas signifiant par rapport au prix du travail.. Jean-Marc Jancovici s’exprime rapidement, un résumé de son raisonnement n’est pas superflu:
un homme produit avec ses muscles au plus 0.25 kilowatt-heure en une journée (voir l’excellent article clarifiant les notions de puissance - en watt - et d’énergie - en watt-heure -). . Un litre d’essence fournit trois KWh d’énergie mécanique. Ainsi, si l’on valorise l’énergie d’un litre d’essence au coût journalier d’un smicard (120 € avec charges patronales), cela donne: 3 / 0.25 * 120 € = 1440 €, soit 1000 fois plus que le prix actuel d’un litre d’essence ! En d’autres termes, explique Jancovici, l’énergie fossile coûte de 1000 à 10000 fois moins cher que l’énergie d’origine humaine !
Si l’on regarde la part de l’énergie dans le budget des ménages, on en infère que, depuis le 1er choc pétrolier, son prix réel n’a cessé de baisser. Alliée à l’accroissement de l’efficacité énergétique due au progrès technique, cette évolution est à l’origine d’une baisse constante du prix des objets manufacturés.
Jean-Marc Jancovici montre que le pouvoir d’achat est directement lié à la quantité d’énergie disponible. Si celle-ci diminue, le pouvoir d’achat se contracte. Cela fait dire au conférencier que, dans un monde où les quantités d’énergie fossile disponibles sont inéluctablement orientées à la baisse, la croissance, c’est terminé !
Jancovici bat également en brèche la notion de dématérialisation. Comme il l’explique, une société fortement tertiarisée et urbanisée n’est pas une société dématérialisée, mais constitue bel et bien l’aboutissement ultime d’une société fortement consommatrice d'énergie: grâce à l'énergie abondante - et quasi gratuite - les machines se chargent des flux physiques. Pour contrôler ces flux physiques, il faut des informations, lesquelles sont produites par une pléthore de banquiers, de managers, d'ingénieurs, de logiciels conçus par des informaticiens ...
Avec cet enregistrement, nous touchons du doigt les fondements mêmes de la société industrielle et post industrielle: une réflexion utile dans un système économique qui semble incapable de reprendre contact avec la dure réalité des limites de la planète !
Source (1ère partie): YouTube - Energie & Électricité - Senat Français JANCOVICI (20/03/2012) Source (2ème partie): YouTube - Xerfi Canal Jean-Marc Jancovici Le grand défi énergétique du gouvernement
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Mis à jour ( Lundi, 24 Septembre 2012 11:44 )
Année: 2012
Durée: 48' 09''
Cet enregistrement en langue anglaise contient une conférence de Dennis Meadows, physicien, co-auteur du rapport “Halte à la croissance” du Club de Rome. Son message central est qu’il est trop tard pour le développement durable: il faut désormais préparer la résilience.
Comme l’explique Dennis Meadows, lors de la publication de son rapport en 1972, l’économie mondiale utilisait 75 % des capacités de régénération de la biosphère. Aujourd’hui, nous sommes à 150 %. Dennis Meadows ne mâche pas ses mots: si, en 1972, il était raisonnable de penser que l’économie pouvait décélérer et réaliser les investissements nécessaires pour évoluer vers un fonctionnement durable, aujourd’hui, il est illusoire de penser que nous pouvons revenir dans les limites de ce que peut supporter l’écosystème. La décroissance se fera - nécessairement - mais de manière forcée et à travers les crises qui surviendront durant les prochaines décennies.
Il est intéressant de considérer l’évolution au cours du temps des arguments des défenseurs de la croissance illimitée: dans les années 80, on reconnaissait l’existence de limites, mais celles-ci concernaient un futur si éloigné qu’il ne faisait pas sens de s’en préoccuper. 10 ans plus tard, on admettait que les limites n’étaient pas si lointaines, mais que les forces du marché jointes à la technologie apporteraient la solution. Au début du siècle, on commençait à convenir que le marché et la technologie seuls ne résoudraient pas le problème, mais qu’il fallait poursuivre la croissance afin de développer des solutions. Aujourd’hui, on nous dit que si la croissance s’était maintenue, on aurait ces solutions ...!
Dennis Meadows n’a pas eu le temps de traiter le volet “résilience” de son exposé. On peut toutefois se reporter aux pages 3 et 4 du document “Des avertissements surprenants d’actualité (pdf)” pour prendre connaissance de ses recommandations.
Source: YouTube - Dennis Meadows - Perspectives on the Limits of Growth: It is too late for sustainable development
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Mis à jour ( Dimanche, 08 Juillet 2012 20:04 )
Année: 2012
Durée: 53' 47''
Cet enregistrement présente une énergie renouvelable méconnue, le biogaz, issu de la fermentation de déchets organiques. A ne pas confondre avec le gaz naturel ou le gaz de schistes, tous deux des énergies fossiles dommageables pour l’environnement !
Les avantages du biogaz sont multiples, ce qui en fait un des fers de lance de l’écologie industrielle. Produit à partir de déchets agricoles, agro-alimentaires ou ménagers, le biogaz sert au chauffage, à la production d’électricité ou se substitue aux carburants liquides. Il permet de valoriser les déchets qui n’ont ainsi plus à être brûlés ou enfouis. La matière qui reste après la production du gaz - le digestat - constitue un excellent engrais, inodore et inoffensif pour les nappes phréatiques ou les cours d’eau. Enfin, contrairement au solaire ou à l’éolien, le biogaz n’est pas tributaire de la météo.
Dans les pays défavorisés, le développement du biogaz, utilisé pour la cuisson des aliments, permet de diminuer la pression sur la forêt.
Comme l’explique un des intervenants, si le biogaz est encore à l’état embryonnaire en France, c’est en raison de la priorité accordée par les pouvoirs publics à l’énergie d’origine nucléaire. La situation semble toutefois en passe de changer.
Participants: René Moletta, directeur de recherches à l'INRA, Philippe Adnot, sénateur , fondateur de l'Université de Technologie de Troyes.
Source: RFI - Et si on produisait de l'énergie «vertueuse»?
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Ecouter également Présentation de l'écologie industrielle, En 2030, le monde fonctionnera ... au charbon !, Après la plaie du nucléaire, la catastrophe du gaz de schiste !, Déchets des villes et plastique des océans
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Mis à jour ( Dimanche, 24 Juin 2012 21:02 )
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Année: 2012
Durée: 40' 33''
Cet enregistrement interroge deux économistes, Christian Arnsperger et Philippe Aghion, sur les concepts de croissance et de décroissance. Tous deux sont d'accord sur le fait que le système économique dans lequel nous vivons ne peut fonctionner sans croissance. La nécessité de faire face à la crise de l'endettement rend celle-ci encore plus indispensable, alors que nous avons déjà dépassé les capacités d'absorption et de régénération de la planète, sans parler de l'épuisement des ressources.
Philippe Aghion défend la croyance qu'une croissance sans limite est possible, dans une formulation et un discours qui s'apparente à un dogme religieux. Christian Arnsperger explique que la crise économique que nous traversons est une crise de la croissance. Les pratiques déraisonnables d'endettement ont effectivement été encouragées principalement dans le but de stimuler la croissance.
Christian Arnsperger dénonce également le mythe du découplage, lequel établit que, grâce à l'innovation, la production requiert constamment moins de ressources. Ceci se vérifie, certes, mais est contrebalancé par l'effet rebond: l'augmentation du nombre d'unités produites compense largement les gains du découplage.
En fin d'enregistrement, on trouve une courte interview de Dennis Meadows, l'auteur en 1972 du rapport "Halte à la croissance". Dennis Meadows est très clair: s'il n'est pas possible de déterminer précicisément à quelle date la croissance s'arrêtera, cette échéance est appelée à se produire dans les 20-30 ans qui viennent !
Intervenants: Christian Arnsperger, maître de recherche au Fonds National de la Recherche Scientifique de Belgique, Philippe Aghion, professeur d'économie à l'université de Harvard, spécialiste de la croissance et de l'innovation.
Source: France Culture, Du grain à moudre - La croissance, la croissance… et la décroissance ?
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Mis à jour ( Mercredi, 13 Juin 2012 20:57 )
Année: 2012
Durée: 41' 01''
Dans cet enregistrement, Bruno Parmentier, ingénieur des mines et économiste, donne des pistes intéressantes pour faire face à l'augmentation de la population mondiale sur le plan de ses besoins alimentaires.
Comme l'explique Bruno Parmentier, si actuellement environ 1 mia de personnes sur terre ne mangent pas à leur faim, 1 personne sur dix est obèse. Il y a donc non seulement un problème de répartition de nourriture, mais également un problème de qualité d'alimentation et d'habitudes alimentaires. La consommation de viande augmente constamment sur le plan mondial. Elle est clairement excessive dans les pays industrialisés. La production d'1 kg de volaille nécessite 4 kg de céréales. Ces valeurs sont de 6 kg pour le porc et 11 kg pour le boeuf,
Si l'on veut pouvoir nourrir tout le monde à l'avenir et éviter les graves troubles sociaux qu'entraîne une pénurie alimentaire, dans un contexte de raréfaction des ressources (phosphates, énergies fossiles), il faut radicalement modifier les techniques agricoles. Deux voies opposées dans leur philosophie sont explorées pour remplir cet objectif: les Américains misent sur le génie génétique pour "fabriquer" des espèces végétales qui produisent directement leurs pesticides. L'autre approche, défendue par Bruno Parmentier, est l'agriculture écologique intensive: il s'agit de mettre au profit des rendements les mécanismes naturels. Par exemple, le labour est bani, remplacé par la couverture végétale permanente et du travail du sol par les vers de terre ...
Nous sommes clairement en route vers une nouvelle révolution verte. Pour le meilleur ou pour le pire !
Source: RFI - Comment bien nourrir tout le monde ?
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Ecouter également Nourrir tout le monde: le défi, Les causes structurelles de la crise alimentaire en 2008, Perspectives démographiques pour le milieu du siècle, Le sol, une ressource à protéger, L'agroforesterie réenchante le paysage, L'agriculture massacrée, Marcel Mazoyer nous parle des fondements de l'agriculture
A visiter: l'excellent blog de Bruno Parmentier
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Mis à jour ( Mercredi, 04 Juillet 2012 18:55 )
Année: 2012
Durée: 54' 28''
Que représente concrètement un accident nucléaire majeur comme la catastrophe de Fukushima pour la population, pour la région, pour le pays ? Les propos modérés de Mycle Schneider, expert indépendant en matière d’énergie et de nucléaire, nous permettent d'entrevoir la cruelle réalité. Alors que seuls 5 % des 54 réacteurs japonais sont en fonction, les millions d'habitants du périmètre irradié autour de Fukushima font face aux contraintes de la radioactivité et aux tentatives dérisoires de décontamination.
A l'écoute de l'enregistrement, on mesure la complexité des problèmes posés par la pollution nucléaire. Les taux d'irradiation sont en constante variation en raison de l’action des éléments naturels, vent, pluie, etc. Ceci vaut également pour la contamination sous-marine, avec des phénomènes de concentration dus aux courants ainsi qu'au fonctionnement de la chaîne alimentaire. Une situation qui dépasse clairement les possibilités de la technologie et qui démontre qu'il n'y a pas d'alternative à la sortie du nucléaire !
Source: Terre à terre - 28 janvier 2012, Retour sur Fukushima
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Ecouter également Fukushima, Printemps de l'énergie, Nucléaire, l'heure de la réflexion, Centrales nucléaires, le boulet du démantèlement, Des mauvaises utilisations de l'électricité
A lire: Fukushima: les questions
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Mis à jour ( Vendredi, 16 Mars 2012 14:07 )
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